Être gérant d’équipement n’a rien à voir avec un travail 9 à 5 du lundi au vendredi. On parle plutôt d’horaires variables en fonction des matchs, de nombreux voyagements et de journées bien souvent de plus de 12 heures.
Jacques Robillard, gérant d’équipement pour les Carabins de l’Université de Montréal, expose la réalité pas toujours glamour, parfois ingrate, mais toujours gratifiante de son métier.
Travailler derrière les spotlights
Il s’occupe du matériel d’équipement, des terrains, de l’habillement des joueurs, des objets de rechange, des plages horaires, des collations, bref, il organise tout, tout, tout!
« Mon objectif c’est de recevoir le moins de demandes possible pendant un match. En s’assurant que tout est organisé et bien préparé, on enlève un stress inutile sur les épaules des joueurs », tient à préciser M. Robillard.
Sans l’ombre d’un doute un métier essentiel pour une équipe de football, le rôle d’un gérant d’équipement n’est pourtant pas toujours reconnu à sa juste valeur.
« C’est une profession qui peut parfois être ingrate. Personne ne voit concrètement ce que l’on fait, mais si on le fait mal, alors là tout le monde le sait », ajoute-t-il en riant.
Après avoir travaillé pour Équipe Canada junior avec Danny Maciocia, Jacques Robillard suit rigoureusement une éthique de travail qui semble porter ses fruits avec les Carabins.
Pourtant, cette éthique n’est pas toujours ancrée dans la mentalité des athlètes de l’équipe.
Superstitieux, les joueurs?
« Oh que oui! » n’hésite pas à spécifier celui qui a plus de 15 ans d’expérience sous sa casquette.
Les gérants d’équipement doivent non seulement préparer les uniformes pour toute l’équipe, mais ils doivent aussi se munir d’une patience d’ange devant les multiples demandes des joueurs.
« D’abord, chacun a ses petites manies. Pendant l’habillement, les joueurs se regardent dans le miroir et demandent des tas d’ajustements : ils veulent des chandails plus serrés pour faire ressortir leurs muscles, certains veulent qu’on voit leur ventre, c’est tout simplement sans fin », laisse savoir le gérant, un brin exaspéré.
Et pour les superstitions, le même stratagème est à l’œuvre.
Certains joueurs veulent garder les marques sur leur casque après un match, d’autres ont des bas fétiches ou ne veulent que leur ancien uniforme.
Mais malgré cela, M. Robillard ne fait pas de passe-droits.
« Je veux que du haut des gradins, les joueurs aient l’air uniforme et que l’équipement paraisse toujours neuf. C’est une marque de professionnalisme, niveau universitaire ou pas », affirme-t-il.
Toujours pas de formations professionnelles
Le métier de gérant d’équipement est un pilier pour l’organisation d’une équipe de football, qu’elle soit de niveau amateur ou professionnel.
Pourtant, le Québec tarde encore à mettre en place un programme de formation professionnelle pour ceux qui se lance en gérance d’équipement.
« Aux États-Unis, toute personne exerçant ce métier doit avoir reçu une accréditation qui atteste la réussite de cours particuliers. Les gérants d’équipement y sont donc reconnus professionnellement », explique celui qui a débuté comme bénévole pour l’équipe de son fils.
En fait, nos voisins du sud ont mis sur pied un organisme regroupant les aspirants gérants d’équipement, tous sports confondus. Mais au Québec, ceux-ci doivent « apprendre sur le tas », indique M. Robillard.
Ce qu’il faut…
« Il faut avant tout être passionné, croire en ce qu’on fait et être entièrement dévoué pour exercer ce métier qui n’est pas officiellement enseigné au Québec. »
Nul doute que c’est cette passion qui l’a poussé à assister chaque année, pendant trois ans, à des séminaires de deux semaines aux États-Unis afin d’améliorer son expertise sur la gérance d’équipement.
Reste maintenant à organiser pour ces spécialistes de l’organisation un programme offert en terre québécoise, afin de suivre l’exemple américain.