Après 10 ans de couverture des activités du football amateur québécois, qui se traduisent à environ 700 évènements comprenant parties hors-concours, régulières et éliminatoires, jamborees, banquets, conférences de presse, nous, les frères Ménard, décidons de passer à autre chose. De relever de nouveaux défis pour employer une expression à la mode. La décision a été difficile à prendre, en raison de tout le temps consacré à couvrir du mieux que l’on pouvait les nombreux matches de foot un peu partout dans la province. Des souvenirs impérissables que nous garderons à tout jamais, car avec la fin de Footbec, c’est presque le quart de notre vie d’adulte qui a passé. Nous sommes quand même assez fiers de ce que nous avons accompli, pour des gars qui n’ont pas joué la ‘’game’’, ni étudié en journalisme, ni suivi des cours de photographie, ni suivi des cours de programmation de sites internet.
Lancement de Footbec en 2002
Tous deux déconnectés du monde professionnel du sport, en raison des salaires vertigineux offerts aux athlètes en Amérique du Nord, nous avons débuté vers la fin des années 1990 à nous intéresser en tant que fan au football universitaire québécois. On commence par aller voir quelques matches. Puis on décide de suivre assidûment les Gaiters de Bishop’s, séduits notamment par le charmant emplacement du Coulter Field dans les Cantons de l’Est, un endroit incomparable. Et par assidûment, on parle même sur la route. Oui oui, même jusqu’à Kingston en Ontario, dans les années où l’on retrouvait les universités ontariennes telles que Kingston, Carleton et Ottawa dans la ligue. Puis en 2001, on reçoit une invitation des Diablos de Trois-Rivières qui nous invitent à aller assister à un match local au Stade Municipal. L’intérêt pour le niveau collégial prend son envol instantanément, et nous permettra l’année suivante de poursuivre également notre découverte vers les autres ligues de football amateur précédant le niveau universitaire.
Il importe donc de mettre les pendules à l’heure pour certains qui se disent les précurseurs de la vitrine web du football amateur québécois. En 2002, constatant que les médias du Québec ne consacraient que peu d’attention, sinon aucune, au football amateur, voilà qu’on décide de lancer un site web afin de mettre en valeur le talent et les efforts des joueurs d’ici. On se retrouve donc les premiers sur le terrain en tant que pseudo-journalistes pour employer une autre expression qu’on nous avait collé à nos débuts. Quelle fut notre production en cette saison inaugurale pour Footbec? Une contribution de 36 parties vues en l’espace de trois mois. Cette première année prend fin avec notre présence le long des lignes aux différents Bol d’Or. Pas mal pour nos débuts.
Sans se fixer d’objectifs précis, on décide de récidiver en 2003, malgré une première année fort occupée. L’intérêt en nous est palpable. On hausse même notre production en cette deuxième année, atteignant en novembre un 50e match vu avec les finales du Bol d’Or. Puis les années passent, jusqu’à compléter une neuvième en 2010. Il va s’en dire que ça devenait lourd de tout faire en n’étant que deux personnes. Oui on doit souligner l’apport de quelques personnes et même collaborateurs au cours de ces neuf années.
Horaire typique Footbec
Pour donner un aperçu du temps consacré à la couverture du football, prenons l’exemple de la saison automnale. On assiste à des parties du vendredi soir au dimanche (parfois même le jeudi et vendredi de jour en usant de congés ou de journées de vacances au travail). Il nous est arrivé de couvrir jusqu’à six parties durant ces quelques jours. Pour la préparation de la mise en ligne de toutes ces parties, on débute le travail immédiatement après le souper le lundi. Chacun de notre côté, on s’isole jusqu’aux petites heures du matin pour tenter d’en faire le plus. Un travaille les photos et l’autre collige les statistiques prises durant ces parties (par nous pour chacune des parties) et prépare le compte-rendu de chaque rencontre. Souvenez-vous qu’à nos première années, le numérique n’était que peu connu, alors qu’on devait faire développer les photos puis les numériser avant de pouvoir les mettre en ligne. On est loin de la technologie d’aujourd’hui!! Puis le mardi soir, on complète le travail qui n’a pu être achevé la veille.
Vient ensuite le mercredi, soirée de repos pour nous deux. Jeudi soir : consultation du calendrier de chaque ligue afin d’identifier ce qui nous serait possible de couvrir pour le weekend à venir. Qu’est-ce qui déterminait les parties choisies vous dites? Tant de possibilités. On examine les « matchups » pour la première place par exemple. On essaie de voir quand possible de nouvelles équipes, et même de faire découvrir de nouveaux terrains. Malgré toutes nos meilleures intentions, on doit prendre en considération la logistique de tous ces déplacements. Combien de fois un embouteillage a fait en sorte qu’on ne puisse manger entre deux parties. Pas toujours facile disons. Avec le temps, on venait qu’à prévoir ces situations en mangeant dans la voiture! Mais le fait demeure qu’on est sur la route du vendredi au dimanche, offrant tout ce temps de repos possible au bénéfice des joueurs et des organisations par ricochet.
Versus Football nous tend la main
Avec une interrogation sur notre avenir au terme de la saison 2010, Pierre-Antoine Fernet de Versus Football nous tend la main pour nous accueillir dans ses rangs. La plate-forme offerte nous séduit, qui nous rendra la tâche plus facile dans la poursuite de notre odyssée football. Une dixième saison est donc entreprise avec l’équipe de VF. Ce « milestone » en était un qui nous tenait à cœur, et on en a savouré chaque instant.
Sans relâcher la pédale de l’accélérateur, on couvre 54 parties de la mi-août jusqu’à la fin novembre. Et ça, c’est sans compter notre couverture habituelle du Challenge Wilson en juillet, en plus des camps printaniers collégiaux, les jamborees, parties hors-concours, la ligue sénior FS8 en mai et juin, quelques banquets. Bref on n’a pas chômé en 2011. L’opportunité offerte par l’équipe de Versus est arrivée au moment opportun, et nous en sommes très reconnaissant. Merci à Pierre-Antoine et Mathieu Bondaz.
Joueurs et évènements marquants
Dresser une liste de joueurs qui nous ont marqué prendrait une éternité tellement il y en a eu. Nous allons plutôt nommer aléatoirement des joueurs que nous avons eu le plaisir de voir jouer durant ces dix années. Guillaume Sénécal avec les Nomades, David Bachand et Adam Dubé avec les Géants, Frédéric Dupuis avec les Bulldogs, Mitch Guarna avec les Warriors, le trio Bruno Prud’Homme, Jean-Michel Vallières et Samuel Lajoie avec le Blizzard, le quatuor formé par François Mathieu, Steve Robert, Mathieu Leblanc-Poirier et Jimmy Therrien avec les Aigles, Diego Ratelle et David Primeau avec les Vulkins, William Fontaine avec les Lynx, Olivier Mongeau avec les Diablos et les défunts Rebelles, Sébastien Lévesque avec les Loups, les Condors et le Notre-Dame, Charles Lambert avec L’Embâcle et les Élans, Félix Bouthillier-Gagné avec les Incroyables et les Géants, Alexandre Lortie avec les Sphinx, Alexandre Lefebvre-Tardif avec les Kodiaks, le combo Marc-Antoine Hamel et Renauld Labrecque avec les Guépards, Éric Gadouas-Poulin avec les Dragons, François Dessureault avec les Sénateurs et Voltigeurs, Theo Thompson avec les Raiders, Louis-Simon Nadeau avec les Polypus et les Vulkins, Shayne Gauthier avec les Dragons et les Condors, Victor Tremblay avec les Athlétiques et les Condors, Alexandre Gagné avec les Dynamiques et les Géants, Benoît Monette avec les Obélix et Géants, Jessy Larochelle-Brière du Sommet, Mathieu St-Martin et Cédric Lussier-Roy avec les Barons, Jérémi Doyon-Roch avec les Cheetahs, Jason Naud avec les Incroyables, Kevin Harland et Philippe Gatien avec les Rebelles, Ameet Pall avec les Mustangs et les Cheetahs, Samuel Champagne avec les Spartiates, Hugo Henderson des Aigles, Jason Courchesne avec les Tomahawks, Alex Rivest avec les Patriotes, Carl Piché avec les Broncos, Joël Arsenault avec les Cactus, les frères Alex et Serge Pilon de la Cité-des-Jeunes et chez les Stallions, Nicholas Plourde Hector au Challenge Wilson de 2010, Ryan Perry avec les Warriors, Dany Carrier des Diablos, Maxime Poulin du Notre-Dame, Jonathan Collin des Cavaliers …
Côté évènements, plusieurs nous viennent momentanément à l’esprit. Nous nous rappelons de parties vues les vendredis après-midi à Deux-Montagnes et au Séminaire St-Joseph, quittant le travail plus tôt ces journées, de la saison parfaite des Cavaliers de Champlain-St-Lambert en 2008, de la saison magique des Archers d’Hochelaga-Maisonneuve et leur Coupe Jack Simpson en 2007, la saison parfaite et l’attaque explosive des Kodiaks en 2007 avec le trio Cloutier-Cléroux-Enchill, le retour au jeu de Mohamed Zerbo en 2008 après une terrible épreuve, la saison mémorable des Scorpions de Laval-Nord en 2009, le combat mené sans relâche par Félix Deslauriers-Hallée des Volontaires jusqu’en 2011. Puis il y a les chroniques écrites par Sébastien Lévesque en 2007 et qui faisaient couler beaucoup d’encre (et tourner notre compteur de visite). Il a eu plusieurs dénigreurs au fil des années. Mais l’ami Sébastien aura eu le dernier mot en ayant connu beaucoup de succès à chacun des niveaux. Sans oublier le départ de notre mère pour un monde meilleur en 2006. Malgré l’épreuve difficile, nous étions sur un terrain de football le lendemain à St-Lambert, recevant les condoléances de l’organisation des Cavaliers et de leur pilote Rodger Philips, qui avaient démontré de la grande classe, comme ce fut toujours le cas.
Il y a aussi eu deux parties que nous avions prévu voir mais que des incidents sont venus changer le cours de nos plans, tous deux en lien avec le Parc Cartier de Laval. L’affrontement tant attendu un vendredi soir au domicile de l’époque des Nomades entre le Samuel The Bus Fournier et Guillaume Le Jedi Sénécal, alors qu’on a été victime d’une panne de voiture à plus de 30 minutes de marche d’un téléphone. Puis une certaine partie de Gabriel Quiroga que nous n’avions pu aller couvrir en vertu d’une caméra ayant pris l’eau la veille, lors d’un déluge au parc Cartier.
Impondérables
Comme vous le savez si bien, vivre au Québec, c’est accepter les soubresauts de Dame Nature. On a connu d’innombrables conditions météo qui ne nous ont pas rendu la tâche très facile par moment. Je pense à un match à Vaudreuil à nos débuts, alors le froid sibérien avait presque fait perdre l’usage d’une main à Mathieu, qui s’entêtait à prendre les statistiques malgré le mercure très en dessous du point de congélation. Puis quelques parties en novembre avec de la neige sur ma planche de statistiques.
L’eau a été notre pire ennemi, que ce soit pour Patrice avec sa caméra ou Mathieu avec les statistiques à prendre. Une pluie forte avait transformé les lignes de côté en pouding au Collège Letendre lors d’un match juvénile. Toujours côté pluie, nous repensons aussi à deux autres journées. La première à Saint-Augustin-de-Desmaures. On avait fait deux parties en peu de temps (SSF et CNDF), alors que le niveau d’eau impressionnant avait même gagné l’intérieur de nos bottes. Pas très confortable disons pour le retour Québec-Montréal pieds nus dans la voiture, une journée froide du mois d’octobre. Mais nous étions au rendez-vous. L’autre est au Bol d’Or collégial AA disputé à l’université de Montréal et remporté une fois de plus par les Volontaires, alors que même un arbitre nous avait rejoints sous notre parapluie pendant des arrêts de jeu!! Parlant de parapluie, on en a perdu je ne sais combien durant ces dix années. Je sais en avoir oublié un au tout premier camp printanier des Filons de Thetford, et un autre au stade Rosannne-Laflamme de Saint-Hubert pendant un match des Rebelles. On aimerait les ravoir!!!
Et évidemment, quelques épisodes avec humidex sont venus compliquer notre travail, que ce soit à de nombreuses parties durant le Challenge Wilson ou en septembre dernier à Saint-Jean-sur-Richelieu, alors que Mathieu a été pris d’un léger coup de chaleur.
Et en conclusion…
Ça va faire drôle de ne pas voir les arbitres aussi souvent, comme les Daigneault, Tony Pasinato, Marc-André Genest, François Bisson, Daniel Langlois, Stéphane Smith, Jean Boulanger, Dominic Tessier et Alex Bibeau pour n’en nommer que quelques-uns. On va certes s’ennuyer des joueurs qui nous faisaient vibrer à chaque nouvelle saison. Puis des parents, entraîneurs, administrateurs et bénévoles dont on croisait à de nombreuses reprises. On a apprécié chaque moment en votre compagnie et on vous en remercie.
Nous avons toujours gardé une approche « low profile » dans l’exercice de nos fonctions Footbec, le professionnalisme ayant été observé jusqu’à la toute fin. Après tout, on était là pour parler des joueurs et non de nous. Nous n’avons jamais tenu à nous accorder trop d’importance dans le rôle qu’on a pu jouer dans cette grande communauté. Jamais on ne s’est vanté de notre travail avant l’élaboration de ce texte, car ce n’est pas nous. On espère seulement avoir rempli au meilleur de notre capacité notre mandat d’offrir une couverture médiatique aux artisans de ce beau sport.
Ce qui nous réjouit le plus aujourd’hui, dix ans plus tard, c’est de voir l’ampleur qu’a pris la couverture du football amateur québécois, car au-delà des grosses pointures comme Versus Football et Accrofoot Mag, il y a aussi Allez les Bleus, Victoire et Or, Rouge et Or Mania, mais aussi des passionnés moins connus tels que Billy Mourelatos et son amateurfootballvideos.com et Zbig Jasiukajc de StLazareFootballNews.info. Nous voudrions également souligner les apports de Reynalto Merisier, Pierre Deschamps, Tom Stewart et tous les autres dont les noms nous échappent pour le moment.
On ne prévoit pas quitter complètement la scène du football en 2012. Nos visages seront aperçus à chaque semaine sur un terrain, mais dans un rôle légèrement différent. Pour ma part (Mathieu), je verrai mon filleul Benjamin faire ses premiers pas dans le football civil sur la Rive-Sud de Montréal. Je ne pouvais rater cette première. Il suit donc les traces de son frère Francis. Dans le cas de Patrice, des rumeurs l’envoient en Nouvelle-Orléans afin de remplacer l’entraîneur-chef Sean Payton chez les Saints. Mais un certain Bill Parcells est également en lice pour le même poste. Disons que « The Big Tuna » part favori.
Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui ont su nous faciliter le travail au fil des années, que ce soit par leur grande disponibilité, leur complicité, leur collaboration, leur invitation ou leurs commentaires constructifs. Une pensée toute particulière à John Macdonell pour ses insights sur les collèges américains. Nos chemins pourraient se croiser à nouveau dans le futur, qui sait?
N. B. Un merci tout spécial à Yolande Racine, la fan # 1 de Footbec, ainsi qu’à nos familles que nous avons négligées pendant ces dix années.