Les Fighting Irish sont dans une position assez enviable.
C’est pas n’importe quelle université, indépendante par surcroît, qui serait invitée au grand pow-wow du football de la NCAA pour décider de l’avenir du championnat national avec les dirigeants de la Big 12, Big Ten, Big East, Pac-12, SEC et ACC.
Mais, en même temps, ils sont dans une situation très délicate. Toute la puissance que leur confère leur histoire et leurs succès sur le terrain pourrait faire basculer la NCAA, pour le meilleur ou pour le pire.
Plusieurs estiment déjà qu’ils sont les grands responsables du déclin de la Big East, où toutes les autres formations des Irish évoluent. Que si l’équipe de football y jouait aussi, Miami, Boston College, Virginia Tech, Pittsburgh et West Virginia seraient toujours là. Cette conférence rivaliserait probablement avec la SEC, la Pac-12, la Big 12 et la Big Ten en termes de puissance.
Notre Dame pourrait bien tuer la Big East pour de bon. Et plus tôt qu’on ne pourrait le croire.
Oh, ça ne se fera pas tout de suite. L’université, et son directeur athlétique Jack Swarbrick, a annoncé cette semaine que Notre Dame conserverait ses équipes dans la conférence pour ses sports olympiques. Sans donner d’indications quant à la durée de cette promesse, bien sûr. On garde toutes les portes ouvertes.
Si Swarbrick a cru bon de réitérer son appui à la conférence moribonde, c’est que la Big 12 rôde. On a sondé le terrain chez les Irish pour voir s’ils étaient intéressés à rejoindre Texas, Oklahoma et compagnie pour ainsi permettre à cette conférence de prendre la pole position.
Du côté de Notre Dame, on nie la rumeur. On parle plutôt d’un intérêt pour quelques matchs de la Big 12 à South Bend, sans plus.
Ne retenez pas encore votre souffle. S’il y a bien un endroit où les Irish n’aboutiront pas, c’est bien là. Le contrat de télé des Longhorns est trop unidirectionnel (vers les poches de Texas) pour que ce soit intéressant pour Notre Dame. N’oubliez pas que les Irlandais sont à NBC tous les week-ends. Ce sont de gros, gros sous.
Non. Si j’avais à parier ma chemise, j’irais avec la Big Ten ou la Pac-12, où se retrouve la plupart des rivaux naturels de l’équipe (USC et Stanford dans la Pac-12; Michigan, Michigan State et Purdue dans la Big Ten). L’ACC pourrait brouiller les cartes avec Boston College et Miami, surtout que les Irish propulseraient la conférence en tête des poids lourd (ou très près, du moins).
Le hic, c’est que le jour où l’équipe de football décidera de laisser aller son statut d’indépendante, elle devra transférer toutes ses autres formations dans la conférence choisie.
Vous pourrez alors dire bye bye à la Big East en moins de temps que ça prend pour Lindsay Lohan de se retrouver en prison.
Ce qui fait fonctionner la Big East depuis sa création en 1991, c’est le basketball. Le football y a déjà joué un rôle clef, mais plus depuis environ dix ans. La conférence perd West Virginia et Pittsburgh, peut-être Connecticut en plus. Le départ des Irish, pas piqués des vers sur le court, sonnerait le glas.
À l’inverse, l’arrivée de l’équipe de football dans la Big East ferait d’elle un joueur majeur. L’attrait de Notre Dame est fort. Elle pourrait même attirer certaines équipes de conférences puissantes, insatisfaites de leur sort pour X raison, qui verraient un bon noyau avec les Irish, Boise State et Louisville.
Ce scénario semble toutefois de moins en moins plausible. L’arrivée de San Diego State, Temple, SMU, Houston et Memphis gâche un peu beaucoup la sauce.
Il y a toutefois une possibilité qui n’est jamais évoquée dans les médias : que Notre Dame fonde sa propre conférence. C’est l’option la plus logique si elle veut conserver son contrat de télévision et en négocier un encore plus lucratif.
Une équipe comme Florida State se laisserait certainement convaincre. Les Seminoles songent à quitter l’ACC depuis quelques temps (les rumeurs l’envoient dans la Big 12), insatisfait des performances de la division en général, tout comme de la direction empruntée. Si on ajoute Boise State et Syracuse, qui quitteraient une Big East en difficulté, le noyau serait intéressant.
La constante, dans tous les scénarios : Notre Dame a le pouvoir de décider de son avenir. Qu’elle conserve son statu quo ou non.