Les semaines se succèdent puis se ressemblent dans le merveilleux monde de la NFL si bien qu’encore une fois aujourd’hui, on se sent obligé de discuter de nos amis des Saints de la Nouvelle-Orléans.
Après la saga de Boutygate, les sanctions imposées en marge de celle-ci, les beaux yeux faits à l’ami Bill Parcells, puis la ligne dure empruntée dans les négociations avec Drew Brees, on revient cette fois avec la lutte que se livrent Roger Goodell et Jonathan Vilma.
On le rappelle, le premier a suspendu le second pour l’ensemble de la saison régulière 2012 à cause de son rôle dans l’affaire Bountygate et, à titre de réplique, voilà que Vilma a intenté une poursuite contre Goodell en cour civile pour diffamation.
Essentiellement, Vilma dit que c’est de la foutaise que Goodell l’ait identifié comme une personne ayant joué un rôle primordial dans la saga Bountygate, qu’il ne devrait pas être suspendu et que les accusations sont fausses.
La logique de Vilma stipule que s’il est effectivement coupable d’avoir offert 10 000$ à quiconque parmi ses coéquipiers blesserait Brett Favre lors des séries éliminatoires de 2010, il aimerait bien examiner les bases que Goodell utilise pour faire une telle accusation.
Et vous savez quoi? Ce n’est pas bête du tout, car si Vilma se croit innocent, il a intérêt à protéger sa réputation professionnelle et personnelle.
Pour l’instant, Vilma, de même que l’entraîneur Sean Payton, le joueur Will Smith et plusieurs autres, se trouvent suspendus sans pour autant que les accusations ne soient supportées par des faits. Bien sûr, ces faits existent sûrement, mais tant et aussi longtemps qu’ils ne seront pas rendus publics (i.e. et l’on reviendra un peu plus bas là-dessus), la possibilité que ces accusations ne soient que des paroles en l’air est bien réelle.
Se pourrait-il, également, que Vilma n’ait intenté cette poursuite seulement parce que cela permettrait à un peu tout le monde d’en savoir un peu plus sur le processus de récolte d’informations et de preuves de Goodell dans une histoire comme celle de Bountygate? Pour l’instant, on sait simplement que le commissaire sait accumuler les preuves; on ne sait pas comment il le fait.
Peu importe, Vilma joue gros avec cette poursuite; parce que c’est le cas, il risque d’aller jusqu’à la toute fin du processus pénal.
Pendant ce temps, Goodell a déjà affirmé qu’il pourrait rendre publiques les preuves à un moment donné; seulement, il désire attendre jusqu’à la fin des procédures et des appels des suspensions imposées aux joueurs avant de le faire. Ainsi, il croit qu’une fois que le sort de tous les joueurs mêlés à Bountygate sera réglé, le fait de rendre publiques les preuves sur lesquelles il aura basé ses décisions viendra tout clarifier; ça nous fait bien rire parce que cela ne changerait absolument rien.
Un peu de sérieux, Roger. Si tu n’indiques pas aux joueurs dès le départ la teneur des accusations auxquelles ils font face, il ne sert à rien de le faire une fois que leur sort est réglé. Car à ce moment, il sera trop tard pour changer quoi que ce soit. En plus, tu ressemblerais réellement à quelqu’un qui chercherait à justifier ses actions aux yeux du public; on n’est pas dupe.
Vraisemblablement, Goodell n’a pas appris de la saga Spygate, où il avait été critiqué pour avoir décidé d’imposer ses sanctions, mais d’ensuite détruire les preuves que la bande de Bill Belichick avait été prise en flagrant délit.
En terminant, on glisse un petit mot sur la décision récente des dirigeants de la NFL de modifier certains règlements pour la saison 2013. À savoir, il est question de rendre obligatoire le port de protection aux cuisses et aux genoux. Si cela permet de diminuer les blessures, sérieuses de même que celles qui le sont moins, ça sera une bonne chose.
Seulement, on voit cela comme une solution band-aid. Car, si l’on cherche trop à protéger les joueurs, on s’attaquera à l’essence même du sport; il y a des risques qui viennent avec une carrière dans la NFL, et l’on ne peut que les diminuer, non pas les enrayer. Pour réellement venir en aide aux joueurs, il faut créer une infrastructure qui pourrait repérer les signes de détresse et qui travaillerait avec tous les joueurs afin de les encourager à développer une identité qui ne soit pas entièrement dépendante sur le football. Ainsi, cela permettrait de faciliter la transition vers un train de vie commun une fois le moment de la retraite arrivé.
Rappelons-nous, c’est au moment de la retraite, surtout, où les besoins d’aide se font les plus importants. C’est un peu ça la leçon du cas Junior Seau.
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