Les gagnants du trophée Heisman ont ceci en commun : ils viennent tous d’usines à football. Oh, bien sûr, il y a l’anomalie passagère, l’exception qui confirme la règle.
On pense ici à Rashaan Salaam (Colorado) en 1994, Ty Detmer (BYU) en 1990, à Andre Ware (Houston) en 1989 ou Doug Flutie (Boston College) en 1984. Mais sinon, depuis 1980, on voit plutôt des vainqueurs de Notre Dame, Florida, USC, Oklahoma, Auburn, Michigan et autres Texas.
Et encore. Colorado a terminé 3e au classement final AP en 1994 avec une fiche de 11-1, derrière la seule équipe qui les a battu dans la Big 8 cette saison-là et les éventuels champions nationaux, Nebraska. Houston (9-2) évoluait dans la puissante Southwestern Conference (SWC) en 1989 et avait terminé dans le top 15. Boston College a terminé 10-2 avec une victoire au Cotton Bowl en 1984 et une 5e position au classement AP à une époque où les indépendants comprenaient les Eagles et les Irish, mais aussi South Carolina, Florida State, Miami, Penn State, Pittsburgh et West Virginia.
Seuls Ware et Detmer venaient d’universités qui n’étaient pas des écoles de conférences BCS (telles qui définies aujourd’hui).
À chaque année, il y a des candidats qui sont tout simplement ignorés parce qu’ils ne jouent pas pour une puissance de la NCAA. Meilleur exemple 2011 : Case Keenum. Ce sera encore le cas cette saison.
Mais voici quelques joueurs d’écoles qui pourraient avoir une chance si les astres sont alignés.
- Tyler Tettleton, QB, Ohio
Avant l’an dernier, Tyler était connu comme le fils de Mickey Tettleton, l’ancienne gloire des Tigers de Detroit. Mais après une saison où il lancé pour 3302 verges et 28 touchés, en plus d’avoir mené les Bobcats à une victoire au Famous Idaho Potato Bowl (ben oui, je sais, le bol de patates…) et convaincu son entraîneur d’y aller avec une attaque sans caucus, on s’attend à de grande choses du quart de troisième année. Sans compter qu’il peut aussi faire des dommages avec ses jambes, comme le démontrent ses 658 verges et 10 touchés au sol. Par contre, pour avoir une chance, Ohio devra être presque parfait, remporter tous ses matchs de la MAC et participer à un bowl dont le nom ne comporte pas de nom de légume.
- Derek Carr, QB, Fresno State
Oui, il s’agit bel et bien du frère de David Carr, quart substitut pour les Giants de New York et ancien premier choix du repêchage de la NFL. Le cadet des Carr a lancé pour 3544 verges (15e dans toute la NCAA) et 26 touchés à sa première saison comme partant des Bulldogs. Cinq des quarts qui le devançaient au chapitre des verges ont terminé leur stage universitaire. Ce que ça va prendre pour emmener un Heisman à Fresno? Probablement 12 victoires et des gains contre Oregon, Boise State et Colorado. Autrement dit, un classement dans les 15 premiers au pays. Et encore : ça n’a pas été suffisant pour Keenum l’an dernier.
- Alex Carder, QB, Western Michigan
Un des 10 quarts qui reviennent cette saison et qui étaient devant Carr est Carder, qui a récolté 3873 verges (9e) et 31 touchés (12e). Sauf que 548 de ces verges et 7 des touchés sont survenus dans un seul match contre... Toledo. C’est un gros point négatif chez les voteurs lorsque vous obtenez une trop grande partie de votre production en un seul match. La fiche des Broncos (7-6) est nettement insuffisante pour rêver au Heisman. Il faudra qu’il commence par gagner plus souvent et, ensuite, couper un peu dans ses 14 interceptions de l’an passé. Malheureusement, le seul adversaire notable à l’horaire cette saison est Illinois. Carder a besoin d’un miracle pour remporter le prestigieux trophée.
- Zach Line, RB, SMU
Si Line tentait sa chance en 2013, elle serait bien meilleure. Les Mustangs seront alors dans la Big East, une conférence à qualification automatique (pour l’instant). Mais SMU évolue encore dans la C-USA cette saison, ce qui rendra les choses beaucoup plus difficiles. Il a récolté 1224 verges et 17 touchés en jouant seulement 10 des 13 matchs de son équipe en 2011. Une saison complète avec une performance similaire pourraient le propulser au sommet.
- Terrance Owens, QB, Toledo
Owens n’a lancé que pour 2022 verges et 18 touchés, mais il a terminé 6e dans la NCAA au chapitre du rating (169.2), devant Matt Barkley et Brandon Weeden. Pour avoir une chance, il devra jouer tous les matchs en 2012 (seulement 11 sur 13 l’an dernier) et maintenir un total d’interception similaire (3). Il n’a subi que deux sacs l’an dernier. Une répétition de ce chiffre aiderait beaucoup.
- Branden Oliver, RB, Buffalo
Les statistiques d’Oliver en 2011 sont éloquentes : 1395 verges (13e dans la NCAA) et 13 touchés. Les Bulls ont affiché un dossier de 3-9 en 2011. Disons simplement que les chances du porteur de ballon sont très, très minces. Il lui faudra doubler son nombre de touchés et se trouver des mains pour attraper plus de ballons (38 réceptions et 365 verges).