Le reconnaissez-vous, celui-là qui est sur la photo à droite? En fait, je devrais plutôt vous demander si vous le connaissez, car avant de le reconnaître il faut d’abord le connaître; et l’on n’est pas certain que c’est tout le monde qui sait qui est Wade Davis.
Et vous savez quoi? C’est bien dommage, mais on reviendra là-dessus.
Pour l’instant, voyons l’ami Wade Davis comme l’ex-joueur de la NFL qu’il est. Après avoir joué à Weber State dans la NCAA, Davis a passé quelque temps avec les Titans du Tennessee en 2000 et en 2002 mais à chaque fois, l’équipe l’avait renvoyé chez lui avant le début de la saison régulière.
Aujourd’hui, Wade Davis travaille à l’Institut Hetrick-Martin qui aide les jeunes qui ont des préférences sexuelles qui dévient de la norme à trouver un sens de famille et de communauté. Surtout, Davis a aujourd’hui décidé de s’affirmer publiquement pour l’homme homosexuel qu’il est.
Notre société est encore bien arriérée quand il en vient à ce genre d’histoires, mais il y a peut-être espoir puisque cette annonce n’a pas réellement dominé les manchettes–et à juste titre, car ça ne le devrait pas.
Ça ne change absolument rien qu’un homme soit homosexuel, mais trop souvent ce n’est pas le cas. Trop souvent, cette personne vivra une victimisation si et quand il décidera d’assumer ses préférences sexuelles.
Dans le cas d’un joueur de football, cette victimisation pourrait être très difficile, car ce monde demeure énormément macho et le stéréotype veut que les homosexuels ne soient aussi virils que les autres.
C’est faux, évidemment, mais insistons simplement ce que Davis lui-même dit sur le sujet. « Tu veux simplement être l’un des gars et tu ne veux pas perdre ce sens de famille et de communauté », raconte-t-il à Outsports.com. « Ta plus grande peur demeure la possibilité de perdre ta place dans cette famille et dans cette communauté ».
Cela revient à dire qu’un poste dans la NFL est déjà assez difficile à gagner, autant ne pas compliquer les choses. Or s’il est vrai qu’accéder à la NFL est important pour la majorité des joueurs de football, cela ne devrait pas, d’aucune façon, être plus important que leur capacité de vivre leur vie de façon authentique; c’est un peu ça, le message de Wade Davis.
Un jour, un joueur de football s’affirmera comme homosexuel durant sa carrière professionnelle; ce joueur sera peut-être la star de l’équipe, ou même le joueur de ligne réserviste ou encore un membre de l’équipe de pratique. Or, on souhaite de tout cœur que cela n’influencera en rien les chances de ce joueur de connaître une carrière de longue durée, ou pas, dans la NFL. « Vous savez quoi? Je suis homosexuel » dit Davis. « Mais je demeure toujours un athlète de haut niveau, et je suis un être humain encore meilleur que cela ».
Mais, on se demande pourquoi même cela devrait importer tant; pourquoi faudrait-il à tout prix qu’enfin, un joueur professionnel de hockey, de baseball, de football ou de basket-ball (i.e. les quatre grands sports en Amérique du Nord) s’identifie comme une personne homosexuelle? En d’autres mots, pourquoi pas mal tout le monde croit que c’est important qu’il y en ait un premier? Fondamentalement, les préférences sexuelles d’un sportif n’auront aucune portée sur ses performances; il s’agit là d’un truc qui est si banal et si peu important mais qui, beaucoup trop souvent, importe beaucoup trop.
Si vous voulez en savoir plus sur l’ami Wade Davis, on vous invite à écouter une bien belle discussion avec Amy K. Nelson, de SB Nation. Il y raconte, entre autres, l’expérience de finalement avouer à une collègue de travail qu’il était homosexuel. « C’était comme arracher une gale sur tout mon corps de la façon la plus violente qui soit », dit-il. « J’ai saigné de la meilleure façon, mais aussi de la pire façon, car j’ai saigné seul sans que quiconque puisse m’aider et m’offrir d’antiseptique ou de bandages ».
Davis raconte que lors de son court passage dans la NFL, un joueur lui avait dit qu’il serait sûrement choisi comme l’un des 53 joueurs de l’équipe à la toute fin du camp d’entraînement; qu’il devait simplement se contenter de ne rien faire qui démontrât un désir autre que celui d’être un joueur régulier dans la NFL.
L’ironie, bien sûre, c’est que Wade Davis n’aura jamais passé les dernières coupures du camp d’entraînement d’une équipe de la NFL même s’il a choisi de garder secrètes ses préférences sexuelles.
En terminant, on revient à nouveau sur notre dossier préféré de cette saison morte, soit la saga Bountygate qui met en vedette les membres des Saints de la Nouvelle-Orléans. En effet, il y a du nouveau dans cette affaire puisque le 18 juin 2012, le commissaire Roger Goodell a rencontré messieurs Jonathan Vilma, Will Smith, Anthony Hargrove et Scott Fujita. Ceux-ci, rappelez-vous, avaient été les quatre joueurs de l’équipe à être suspendus en lien avec cette histoire, et le but de cette rencontre était de leur permettre de faire appel de ces sanctions.
Or, tout porte à croire que les sanctions seront maintenues et que rien ne changera : c’était Goodell qui a prescrit ces sanctions, et c’était Goodell qui a rencontré les joueurs cette semaine, alors pourquoi s’attendre à autre chose? À vrai dire, cela ne fait pas l’affaire Vilma qui, raconte-t-on, a décidé de quitter l’audience avec M. Goodell avant même sa fin. De plus en plus, les joueurs croient Goodell trop puissant; qu’il ne devrait pas être autant la loi que celui qui l’applique. Pourtant, est-ce qu’on n’aurait pas pu changer quelque chose à tout ça lors des négociations de travail de l’année dernière? Oops.
Il faudra voir, maintenant que le processus d’appel est chose du passé, si Goodell tiendra promesse et rendra publiques les preuves sur lesquelles il a arrêté ses décisions dans cette affaire.
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