reste informé! Inscris-toi!
0 commentaire  Publiée le 2012-07-13 - Consultée 860 fois

Elles sont folles, ces recrues!

publié par
Charles Poulin
voir la page

La période de recrutement des joueurs du secondaire par les équipes de football de la NCAA aux États-Unis est complètement débile. Et pas dans le bon sens du terme.

Règle générale, les entraîneurs, directeur athlétiques et leur alma mater profitent largement des recrues potentielles en leur faisant miroiter temps de jeu, gloire ou beaucoup, beaucoup d’argent avec une carrière dans la NFL. Malheureusement, la plupart des joueurs ne deviennent pas professionnels et ne prennent pas le temps qu’il faut pour leurs études (mais ça, c’est une autre histoire, pour paraphraser les films de la série Conan).

Mais je dois avouer que cette semaine, deux recrues ont attiré mon attention parce qu’elles tentent de profiter au maximum du système.

La première étoile : Robert Nkemdiche.

Ce jeune homme, joueur de ligne défensive de son état, est la recrue la mieux cotée pour la classe de 2013. Nkemdiche a donné sa parole (pour ce que ça vaut aujourd’hui) qu’il irait rejoindre les Tigers de Clemson l’an prochain.

Sauf que dans une déclaration effectuée la semaine dernière au Atlanta Journal Constitution, il a laissé entendre que son « engagement » n’était peut-être pas si final qu’on pourrait croire…

« J’attends que Clemson offre une bourse d’études (pour jouer au football, bien sûr) à Ryan (Carter, son coéquipier à l’école secondaire de Logansville, Georgia). Quand ça va arriver, (mon engagement) sera accompli. J’attends qu’il reçoive sa bourse et qu’il fasse partie de la famille. »

La question qui se pose : est-ce une menace ou une simple suggestion?

À cela, il répond que si Carter doit se trouver un autre endroit pour jouer au football (ses autres options comprennent East Carolina, Tulsa et Southern Miss qui, soyons honnêtes, ne sont pas tout à fait du même calibre), il regardera un peu du côté des autres finalistes sur sa liste, notamment Ole Miss. À vous de juger de la teneur de sa demande.

Cela dit, à tous les jours, les entraîneurs manipulent les jeunes joueurs pour les attirer chez eux (ou, dans certains cas, pour s’assurer qu’ils n’aillent pas les battre ailleurs). Mais c’est assez rare qu’une recrue qui a le gros bout du bâton s’en serve. Je lui lève mon chapeau.

La deuxième étoile : Rueben Foster.

Je dois avouer que M. Foster est soit complètement fou, soit très rusé, soit extrêmement rancunier.

C’est que, voyez-vous, il vient de changer d’allégeance. Et pas n’importe laquelle. Passer des Suns de Phoenix aux Lakers de Los Angeles (voir Nash, Steve), des Colts d’Indianapolis aux Broncos de Denver (voir Manning, Peyton) ou encore des Maple Leafs au Canadien (voir Armstrong, Colby), c’est de la petite bière à côté du changement effectué par Foster.

Il a annoncé cette semaine qu’il n’irait plus jouer pour le Crimson Tide d’Alabama. Il s’alignera plutôt, l’an prochain, avec les… Tigers d’Auburn. Pour ceux qui ne sont pas au courant, la rivalité est tellement intense entre ces deux formations (du même état, doit-on le préciser) qu’un homme a pris la peine de tuer des arbres mythiques avec des pesticides juste pour se venger des partisans des Tigers, l’an dernier.

Les deux équipes ont un match annuel, et les perdants doivent faire 500 push-ups dans la bouette. Je blague. À peine.

Foster, un secondeur coté deuxième meilleur espoir aux États-Unis pour 2013, est bien inconscient s’il ne réalise pas ce qu’il vient de faire. En plus, il a eu le culot d’annoncer ça en pleine cafétéria de son école, en habillant sa fille dans un habit de cheerleader d’Auburn.

Il ne sait pas la chance qu’il a de jouer en défense. Je peux vous assurer que s’il s’alignait à l’attaque, plusieurs joueurs du Tide auraient fait la file pour lui servir un plaqué qui aurait laissé des traces. Ses déclarations seront affichés partout dans le vestiaire avant le match du Iron Bowl, le 24 novembre (dernière rencontre de la saison pour les deux formations, soit dit en passant).

Bien sûr, le jeune footballeur est convaincu de son choix. Tout comme il l’était du précédent.

« Je suis confiant à 100% de ma décision finale », a-t-il laissé sérieusement tombé.

Jusqu’à ce qu’il change encore d’idée.

Je dois avouer que ça me fait sourire. Pour une fois que ceux qui vont faire rentrer des tonnes d’argent dans les coffres des universités en profitent pour en tirer des bénéfices, il faut bien s’en réjouir.

Commentaires


Répondre

NCAA

Populaires sur Versus