On est en droit de se poser la question. Après une saison 2011 marquée par l’inexpérience de ses vertes recrues, l’automne 2012 sur le circuit collégial division 1 pourrait bien être teinté par les vraies couleurs des Cheetahs.
« L’an dernier, nous ne parlions pas de championnat à nos gars. Cette année, on peut. »
C’est du moins ce qu’affirme Peter Chryssomalis à l’aube de l’ouverture du camp d’entraînement de son club, mais aussi aux termes d’une saison morte qu’il qualifie comme la meilleure de l’équipe depuis qu’il en est l’entraîneur-chef
Un optimisme pourtant intimement lié à ce groupe de jeunots qui faisaient leurs premiers pas au collégial la saison dernière. Des premiers pas difficiles…
« Nous avons eu excessivement de difficultés à bâtir un concept d’équipe l’an dernier. Il nous manquait de leadership. »
Des problèmes d’équipe qui peuvent facilement être illustrés par les embûches qu’a rencontrées le quart-arrière de la formation de Ville Saint-Laurent en 2011 : Hugo Richard.
« C’est un joueur qui dispute chaque partie avec beaucoup d’émotion. Ce surplus de passion est une de ses forces mais constituait aussi une de ses faiblesses l’an dernier. Ça lui a causé des ennuis car il forçait certains jeux. »
Heureusement pour les Cheetahs, l’expérience a joué son rôle et Hugo Richard, comme plusieurs de ses coéquipiers, a pris énormément de maturité durant la saison morte. « J’ai noté toute une amélioration chez lui et plusieurs autres gars à ce niveau. C'est un leader né, il est physiquement prêt et joue de façon beaucoup plus détendue », clame Chryssomalis.

De la profondeur à la grandeur
Outre l’évolution de son pivot partant –qui vient tout juste de remporter la médaille d’or avec l’équipe canadienne des moins de 19 ans —, l’entraîneur d’expérience attend de belles choses du reste de sa brigade offensive.
« La saison passée, les gars en attaque ont joué beaucoup plus que ne le feraient d'ordinaire des [joueurs de] première année. Ça nous a causé des ennuis l’automne dernier mais c’est évident que ça va payer cette année. »
En effet, dans le giron collégial, on parle beaucoup du groupe de receveurs de Vanier. Et avec raison.
Étienne Moisan (qui revient d’une blessure à l’épaule), Kevin Étienne, Nick d’Andrea – le vétéran de la brigade — et Alexandre Savard – que Chryssomalis voit déjà dans les meilleurs receveurs du circuit — ont ce qu’il faut pour donner des ennuis aux tertiaires adverses. Ce dernier vante aussi l’arrivée d’un certain Jamaall Charles. Non, il ne s’agit pas du porteur de ballon des Chiefs de Kansas City mais bien d’un produit d’Ottawa qui a décidé de jouer une année collégiale au Québec avant de faire le saut avec l’Université Mcmaster.
La ligne à l’attaque, de son côté, mise sur une belle profondeur avec les vétérans Lloyd Constant, Tim Mitchell et Pierre-Olivier Blouin. L’entraîneur-chef a aussi hâte de voir à l’œuvre Qadr Spooner, un transfuge de 6 pieds 5 pouces qui troquera sa position sur la ligne défensive pour venir jouer à l'offensive.
Le groupe de porteurs de ballon est quant à lui plus intrigant. On note le retour de Bryce Vieira et Marley Patterson. Les deux demi-offensifs de 2e année seront assurément mis à l’épreuve par les plus jeunes : Benjamin Gingras (Loups de CAL), Ryan Forrest (LaSalle) et Pierre-Alexandre Gaudreault (SSF).
« Je suis très confiant. Notre groupe mise sur une profondeur sans pareil », explique Chryssomalis.

Un groupe de secondeurs du tonnerre
En défensive, ce sont les secondeurs qui enthousiasment le plus l’entraîneur.
« Marc-Antoine Varin et Jérémie Pelletier sont deux grosses prises pour nous. Ajoutez à cela Jean-Grabriel Poulin, Emmanuel Barthelemy Brendan Coffey, Lloyd Bureau et Jérémy Jean et vous avez tout un groupe! »
Chryssomalis compte d’ailleurs tirer le maximum de cette force en mettant quatre secondeurs sur le terrain. « Comme partout ailleurs, nous miserons sur nos forces », conclut-il.
On verra effectivement si Vanier sera une force dans la ligue dès le 18 août (13h), alors qu’ils croiseront le fer contre les Lynx d’Édouard-Monpetit. Même si la compétition risque d’être rude encore cette année, il serait fort surprenant que les Cheetahs ne constituent pas une des trois meilleures formations du circuit, sinon la meilleure.