La Big East est au bord du gouffre depuis quelques années déjà. Au chapitre du football, on s’entend.
Les problèmes de cette conférence basée tout d’abord sur le basketball ont substantiellement augmenté au début de la dernière saison lorsque, successivement (mais pas nécessairement dans cet ordre), Syracuse, Pittsburgh et West Virginia ont annoncé qu’elles quittaient pour des jours meilleurs. Pour ajouter à ses malheurs, TCU a quitté pour la Big 12 avant même d’avoir joué un seul essai dans la Big East.
Même le fait d’avoir convaincu Boise State, San Diego State, Houston, Memphis, Navy, Temple, UCF et SMU de rejoindre les rangs n’auront pas permis à l’ancien commissaire John Marinatto de conserver son job.
Cette semaine, les laissés pour contre de la Big East se sont trouvé un homme fort : Mike Aresco.
Aresco est un dirigeant de la chaîne télévisuelle CBS qui a beaucoup, beaucoup d’expérience dans la négociation de contrats télé. C’est lui l’artiste derrière l’entente entre CBS et la SEC au football ainsi qu’avec la NCAA pour la diffusion des matchs du March Madness. Il s’est aussi fait la main avec la programmation du sport universitaire américain à ESPN.
Ce n’est pas à négliger. Aujourd’hui, les programmes les plus forts et prestigieux sont ceux qui ont le plus de bidous. Et la majorité de ces bidous, elle ne s’amasse pas avec les billets pour les parties, ni avec les chandails vendus. Ce sont les droits télévisuels qui sont le nerf de la guerre.
Ça tombe bien, parce que la Big East est justement sur le point de négocier son contrat télé. Si jamais Mike Aresco pouvait négocier un lucratif contrat pour la conférence, ça pourrait bien la sauver de la dissolution.
Mais il faudra plus. Avoir de l’argent en poche, c’est bien. Mais avoir de bonnes équipes sur le terrain, c’est mieux.
Personne ne critique les performances de la conférence au chapitre du basketball. La Big East est la conférence la mieux cotée aux États-Unis dans le sport. Mais la survie des conférences, surtout celles avec une qualification automatique à un bowl BCS, elle passe par le terrain de football.
Attirer Boise State était un bon coup. Navy aussi, car elle a des partisans partout au pays en raison de son côté militaire. Ce n’est pas pour rien que Notre Dame maintient une tradition avec cette institution.
Houston ne serait pas une mauvaise addition, mais le départ de Kevin Sumlin pour Texas A&M laisse les Cougars devant l’inconnu. S’ils maintiennent les bonnes fiches des dernières années, ils remonteront la cote de la Big East.
Mais les autres nouvelles équipes… Yisssh…
Temple, Memphis et UCF sont plutôt des universités de basketball appelées à remplacer Syracuse, Pittsburgh et West Virginina. San Diego State n’a pas encore connu de succès prolongé, tout comme SMU depuis qu’ils ont dû subir la peine de mort il y a 25 ans.
Pour l’instant, le nouveau commissaire n’aura pas trop à jouer dans ce dossier. Mais ça viendra vite.
La réputation d’Aresco est nickel. C’est le premier commissaire de conférence de première division à ne posséder que de l’expertise en télé. Mais tous les commentaires que j’ai pu lire à son sujet suggèrent que la Big East vient de frapper un coup de circuit.
Pas mal pour une ligue qui a plutôt tendance à avoir le coup de bâton d’Otis Nixon…